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Blue Velvet (1986)

Blue Velvet (1986)
Un jeune étudiant de retour chez ses parents à cause de l'hospitalisation de son père, découvre dans un champ non loin de chez lui une oreille humaine qu'il s'empresse d'amener à la police. Il rencontre ensuite la fille de l'inspecteur à qui il a confié son étrange découverte, qui le met sur la piste d'une étrange chanteuse séquestrée par un terrifiant maniaque ultraviolent et paranoïaque ...

Deuxième David Lynch de la semaine, très différent de l'autre mais pas non plus si éloigné. Il s'agit ici d'un troublant voyage vers l'inconnu, un passage d'un monde passablement aseptisé à un autre beaucoup plus sombre, deux mondes pourtant étroitement liés puisque l'association des deux constitut notre monde. Tout ici est question de point de vue : de loin, la plupars des choses nous paraissent belles ou encore anodines, et il suffit de zoomer pour découvrir ce qui se cache derrière cette beauté, à savoir ce qui nous dégoute ou nous fait peur. C'est sur cette opposition entre le clair et l'obscur, le bien et le malsain, que Lynch fait reposer son film : opposition entre le bleu sombre du velour et celui du ciel, entre l'oreille en décomposition et l'oreille du héros... Mais au lieu de rendre cette opposition hermétique et manichéenne, David Lynch fait preuve d'une finesse extrême et relie ces deux aspects du monde avec beaucoup de vérité. Ainsi le héros au cour d'une nuit d'amour avec la chanteuse (la merveilleuse Isabella Rossellini) ne peut contenir la colère qu'elle lui inspire soudainement et la frappe... il y a beaucoup d'autres exemples et de symboles au cours du film (comme le rouge gorge symbole de l'amour, qui porte un ver de terre dans son bec). L'acteur Dennis Hopper, dans le rôle d'un dangereux psychopathe, est carrément flippant. La mise en scène est parfaite, et Lynch montre tout son talent en matière de photographie et de travail de l'image. Il filme une ville où les décors sont fictifs et ne cherchent pas le réalisme des situations (certaines sont d'ailleurs complètement absurdes, comme dans un rêve). Un film absolument merveilleux, étrange et envoûtant, qui aborde une quantité impressionante de sujets. Il y a encore plus à dire que pour Sailor Lula.

# Posté le dimanche 15 mai 2005 12:12

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